Né le 20 février 1919 à Bari, en Italie, Joseph Pietroforte a traversé un siècle et une guerre. Aujourd’hui, il a 107 ans, il danse encore chaque jeudi, et un documentaire veille à ce que son histoire, et celle de ses frères, ne soit jamais oubliée.
Il y a des hommes dont le courage ne fait pas de bruit. Des hommes de principes, de valeurs, qui n’ont jamais demandé qu’on les applaudisse. Joseph Pietroforte, que tout le monde appelle « Bazooka Joe », est de ceux-là. Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, aîné d’une famille de huit enfants, il est l’un des derniers témoins vivants d’un conflit qui a changé le monde. Et pour que sa mémoire reste vivante, un cinéaste a décidé de poser sa caméra à ses côtés.
Huit enfants, un même destin
Joe est né à Bari, en Italie, dans une famille qui avait tout pour être heureuse. Ses parents, Francisco et Francesca Pietroforte, l’emmènent aux États-Unis, où la famille s’installe à Philadelphie. Ils auront huit enfants : sept garçons et une fille. Joe est l’aîné. Une fratrie, une guerre, un destin.
| Prénom | Situation aujourd’hui |
|---|---|
| Joseph, dit « Joe » | 107 ans, l’aîné |
| Alfredo | 101 ans |
| Nicholas, dit « Nick » | 97 ans |
| Michael | 86 ans |
| Constantino | Décédé à 98 ans |
| Angie | La seule fille, décédée à 98 ans |
| Jerry | Décédé à 97 ans |
| Louis | Tombé pour son pays à 29 ans |
Aujourd’hui, les parents ne sont plus de ce monde. Quatre des huit enfants ont disparu, quatre sont encore là pour raconter.
Joe, le premier à partir se battre pour les États-Unis
Lorsque la Seconde Guerre mondiale embrase le monde, de 1939 à 1945, les États-Unis engagent des millions d’hommes. Au total, 16,4 millions d’Américains ont servi pendant ce conflit. Joe est le premier de sa fratrie à quitter sa famille pour se battre pour son pays d’adoption.
En 1944, il est appelé sous les drapeaux comme fusilier, alors qu’il n’est pas encore citoyen américain. Affecté d’abord à la 1re division d’infanterie, il est ensuite transféré à la 5e division d’infanterie du général George Patton. C’est pendant la bataille des Ardennes (Battle of the Bulge), dernière grande offensive allemande sur le front de l’Ouest, qu’il gagne son surnom. Armé de son bazooka, il met hors de combat deux chars ennemis et sauve des membres de sa section. Il recevra la Silver Star pour sa bravoure et une Bronze Star pour ses mérites au service de l’armée.
Aujourd’hui, il ne reste que 30 607 vétérans de cette guerre en vie aux États-Unis en 2026, soit moins de 0,2 % de ceux qui ont servi. Joe est l’un d’eux.
Le sacrifice d’une famille
Joe n’a pas été le seul à s’engager. Certains de ses frères ont, eux aussi, choisi de se battre pour la liberté des États-Unis. L’un d’eux, Louis Pietroforte, est tombé pour la nation qu’il servait. Son frère Nicholas, trop jeune pour combattre en 1944, sera appelé en 1954 et envoyé en Corée, où les combats avaient cessé : il y chante comme vocaliste dans l’« Eighth Army Chorus ».
Derrière ces engagements, il y a deux parents. Francisco et Francesca n’ont pas hésité à laisser partir leurs enfants bien-aimés à la guerre, parce que c’était aussi un devoir. Un geste d’amour et de courage, qui méritait qu’on lui rende hommage.
Une rencontre dans les rues de Los Angeles
En 2024, Joe Pietroforte croise la route de Mason Ewing dans les rues de Los Angeles. Le courant passe tout de suite. Producteur, réalisateur et scénariste, Mason Ewing décide alors de consacrer un documentaire à ce vétéran emblématique, un homme qui marque les esprits et qu’on ne devra jamais oublier. Le film est dédié à toute la famille de Joe et s’appelle The Pietroforte Family: War Memories.
Pour Mason Ewing, cette histoire a une résonance particulière. Il est aveugle : il a perdu la vue à 14 ans et n’a donc jamais pu choisir de s’engager, de devenir soldat, de défendre son pays. Son handicap ne lui a pas laissé le choix. Pourtant, il se sent profondément lié aux vétérans. Il pense à ceux qui, après la guerre, ont perdu la vue ou sont devenus handicapés, et il veut leur apporter un peu d’espoir : tout n’est pas fini pour eux, il ne faut jamais les abandonner, et ils ne doivent pas oublier qu’ils ont combattu.
Un film, une équipe, une plateforme
Le documentaire est produit par Ewing Power Production (EPP), la société de production de Mason Ewing Corporation (MEC), basée à Los Angeles. Le film met en lumière Joe, Nick et toute la famille Pietroforte, et rend hommage à Francisco et Francesca.
Ce n’est pas un film sur les batailles. Construit à partir de témoignages intimes, d’archives familiales restaurées, de photographies rares et d’images du Los Angeles National Cemetery, il parle de mémoire, et de la course contre le temps pour la préserver avant que les derniers de cette génération ne disparaissent.
Plusieurs voix l’accompagnent : Eliza et Eric Roberts, H. Delano Roosevelt, petit-fils de Franklin D. Roosevelt, l’ancien président des États-Unis, Dale Bell, producteur du documentaire oscarisé Woodstock, le vétéran James Gill et l’aumônier Dov Cohen.
La chanson en français « Souvenir de Guerre », écrite par Mason Ewing, composée par Dany Brown (compositeur et directeur artistique) et interprétée par Elouan Moroz, est produite par le label HoloTech Records (HTR). Elle rend hommage à deux meilleurs amis du temps de guerre : l’un, le petit Louis, n’est jamais rentré ; l’autre, Michael, a porté sa mémoire.
Le film a été accueilli par The Veterans Channel, la plus grande plateforme de streaming dédiée aux vétérans. Sa présidente, Henah Hannah, a décidé de le distribuer et de le diffuser. Pour toute l’équipe d’Ewing Power Production, ce fut un honneur et un plaisir. Henah Hannah a écrit à Mason Ewing de très beaux mots, en lui souhaitant la bienvenue dans la famille. Pour Mason Ewing, c’est une évidence : il fait partie de la famille des vétérans.
En juin 2026, le film a été honoré à Cannes, où Mason Ewing a reçu le prix UBUNTU pour sa vision. Joe et Nick y ont reçu des médailles d’honneur en tant qu’ambassadeurs.
Joe, 107 ans, danse encore le jeudi
Le plus beau, c’est peut-être cela : à 107 ans, Joe est un vétéran fort. Chaque jeudi, il n’hésite pas à aller danser avec une amie. Le soldat de 1944 n’a rien perdu de son élan.
À l’approche du Veterans Day, le 11 novembre, son histoire rappelle ce que chaque génération doit à celles qui l’ont précédée. Tous les passionnés d’histoire et de la Seconde Guerre mondiale peuvent découvrir The Pietroforte Family: War Memories sur The Veterans Channel. Le teaser est visible sur YouTube.
Parce qu’une mémoire qui n’est pas transmise s’éteint, ce film est une promesse faite à Joe, à Nick et à leurs frères et leur sœur : on n’oubliera pas.
Remerciements. Le film doit beaucoup à l’acteur hollywoodien Eric Roberts et à son épouse Eliza Roberts, productrice et directrice de casting, ainsi qu’à la famille Pietroforte, dont le soutien a rendu ce film possible.










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