Il parle, raconte des histoires, répond aux questions et transforme l’imagination en images : en Inde, Cheeko veut réinventer le jouet éducatif à l’heure de l’intelligence artificielle.
Et si le jouet le plus étonnant du moment n’était ni une poupée, ni une voiture télécommandée, ni une nouvelle console ?
En Inde, un drôle de petit compagnon attire l’attention.
Son nom : Cheeko.
Derrière son apparence colorée se cache une idée particulièrement audacieuse : utiliser l’intelligence artificielle non pas pour enfermer davantage les enfants devant leurs écrans, mais pour tenter de les en éloigner.
Présenté cette année au Toy Biz 2026 de New Delhi, Cheeko a été conçu comme un compagnon éducatif interactif capable de répondre aux questions des enfants, de raconter des histoires, de proposer des jeux et même de transformer leurs idées les plus folles en dessins.
« Pourquoi le ciel est bleu ? »
Imaginez.
Un enfant regarde son Cheeko et demande :
« Pourquoi le ciel est bleu ? »
Au lieu de prendre le téléphone de papa ou maman, d’ouvrir une application ou de regarder une succession de vidéos, il peut interroger directement son petit compagnon.
Cheeko lui répond oralement avec un langage adapté.
Et il ne parle pas uniquement anglais.
Le fabricant annonce l’anglais et dix langues indiennes, dont l’hindi, le kannada, le tamoul, le télougou, le marathi, le bengali, le gujarati, le pendjabi, le malayalam et l’odia.
Pour un pays aussi immense et linguistiquement divers que l’Inde, ce détail change beaucoup de choses.
Le jouet qui dit : « Arrête de scroller ! »
C’est probablement ce qui a le plus intrigué Toombow Kids.
Cheeko possède bien un écran.
Mais ses créateurs ont volontairement essayé de construire l’exact opposé d’un smartphone.
Pas de vidéos.
Pas de fil d’actualité.
Pas de publicité.
Rien à faire défiler indéfiniment.
Le fabricant résume sa philosophie par une formule simple : « Less screen, more childhood », moins d’écran, plus d’enfance.
Voilà le paradoxe Cheeko : utiliser une technologie très moderne pour essayer de redonner aux enfants une relation plus limitée et plus intentionnelle avec le numérique.
Derrière Cheeko, une inquiétude de parent et d’entrepreneur
L’idée n’est pas née uniquement dans un laboratoire.
Abilash S., cofondateur de Cheeko, explique que le projet est parti d’une question très concrète : peut-on proposer aux enfants quelque chose de plus enrichissant qu’un nouvel écran sur lequel ils vont simplement continuer à faire défiler du contenu ?
La société voulait construire une alternative combinant éducation et divertissement, dans un contexte où les parents s’inquiètent de plus en plus du temps passé par leurs enfants sur les smartphones.
Cheeko est ainsi devenu le premier produit d’Altio AI.
Et son développement n’a pas été instantané.
Des publications des personnes impliquées dans le projet racontent une phase de prototypage particulièrement intense, avec plusieurs cartes électroniques fabriquées, des problèmes de microphones, des impressions 3D et de longues séances de tests avant d’arriver à un appareil fonctionnel.
Dix petites cartes… et le jouet change de personnalité
Cheeko possède une autre idée très amusante.
L’enfant peut insérer différentes cartes physiques à l’arrière de l’appareil.
Une carte peut déclencher des histoires.
Une autre des comptines.
Une autre transforme Cheeko en partenaire d’orthographe.
Une autre encore lance un jeu sonore.
Le coffret présenté par la marque comprend dix cartes, avec différents personnages et expériences. Parmi eux se trouvent notamment Nani, une grand-mère conteuse, et Mitthu, un perroquet qui aide les enfants avec l’orthographe.
Le principe mélange donc quelque chose de très ancien, mettre physiquement un objet dans un jouet pour déclencher une aventure, avec quelque chose de très moderne : l’intelligence artificielle.
Et chez Toombow Kids, on adore cette idée.
« Dessine-moi un tigre sur un vélo ! »
Mais Cheeko garde encore une surprise.
L’enfant peut lui demander de créer une image simplement avec sa voix.
« Un tigre qui fait du vélo. »
« Un robot qui prépare un dosa. »
« Un autorickshaw qui vole jusqu’à la Lune. »
Quelques instants plus tard, Cheeko génère l’image sur son écran.
La fonction, baptisée Imagine, transforme ainsi les idées parfois complètement improbables des enfants en illustrations.
Et c’est peut-être là que le jouet devient particulièrement intéressant : l’enfant n’est plus seulement spectateur d’un contenu choisi par quelqu’un d’autre.
C’est lui qui invente.
Les parents gardent les clés
Évidemment, lorsqu’un jouet destiné aux enfants embarque de l’intelligence artificielle et un microphone, une question devient incontournable :
et la sécurité ?
La marque affirme que Cheeko ne possède aucune caméra et que son microphone ne fonctionne que lorsque l’enfant maintient le bouton prévu à cet effet.
Une application parentale permet également aux parents de consulter les questions posées par leur enfant, de suivre l’utilisation des cartes et de contrôler certains paramètres, notamment le volume. La société indique aussi appliquer des filtres de sécurité aux réponses générées par l’intelligence artificielle.
Ces protections restent évidemment à évaluer dans la durée, comme pour tout appareil connecté destiné aux enfants.
Un jouet qui grandit avec l’enfant
Cheeko est aujourd’hui présenté pour les enfants d’environ 3 à 10 ans.
Pour les plus petits, l’accent est mis sur les comptines, berceuses et premières histoires.
En grandissant viennent les jeux éducatifs, les mathématiques élémentaires et les activités d’apprentissage.
Puis, pour les plus âgés, Cheeko peut devenir un compagnon pour les questions scolaires, les quiz et la curiosité quotidienne.
Le concept est donc différent du jouet que l’on abandonne après quelques mois : ses créateurs veulent qu’il évolue avec l’enfant.
L’Inde veut désormais fabriquer les jouets de demain
Cheeko raconte aussi une histoire beaucoup plus grande.
Celle d’une industrie indienne du jouet en pleine transformation.
Lors du Toy Biz International B2B Expo 2026 à New Delhi, des centaines de marques ont présenté puzzles, jeux STEM, jouets éducatifs, véhicules et nouvelles technologies. Le gouvernement indien pousse parallèlement le développement d’une industrie nationale capable de concevoir, fabriquer et exporter ses propres jouets.
L’objectif n’est plus simplement de fabriquer moins cher.
L’Inde veut désormais inventer.
Et Cheeko représente parfaitement cette nouvelle ambition : un produit imaginé autour des habitudes et des langues des familles indiennes, mais construit sur une technologie qui pourrait intéresser des parents bien au-delà du pays.
Le verdict « Jouets en folie »
Alors, Cheeko remplacera-t-il réellement les smartphones dans les mains des enfants ?
Il est beaucoup trop tôt pour l’affirmer.
Mais son idée mérite clairement que l’on s’y intéresse.
Parce qu’au milieu d’une industrie qui cherche souvent le prochain écran capable de retenir l’attention d’un enfant encore quelques minutes supplémentaires, une petite entreprise indienne pose une question différente :
Et si la meilleure technologie pour nos enfants était celle qui savait aussi leur dire quand il était temps d’arrêter ?
Pour son mélange étonnant de jeu physique, d’histoires, de voix, de langues indiennes et d’intelligence artificielle…
Cheeko décroche notre coup de cœur “Jouets en folie” du moment !
Et quelque chose nous dit que ce petit compagnon indien n’a pas fini de faire parler de lui.










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